De quelques applications (plus ou moins connues) de la sophrologie…

La Sophrologie, dans la mesure où elle commence à être connue aujourd-hui c’est pour tout un chacun une méthode de gestion du stress, une sorte d’équivalence de la méditation et autres techniques de détente .

En fait, et parce qu’elle a été pratiquée par des sophrologues qui étaient en même temps des médecins, des psychanalystes, des psychologues cliniciens, voire des tenants du comportementalisme, la sophrologie a beaucoup évolué, jusqu’à la mise au point de protocoles spécifiques destinés à répondre à des problématiques qui laissent parfois en échec les praticiens les plus expérimentés .

Citons pour exemples : les troubles du sommeil, l’hypocondrie, le trouble anxieux généralisé, l’inquiétude engendrée par une épreuve à venir, voire la préparation aux examens et concours.

Dans tous ces cas, elle nous est apparue non pas comme une alternative aux thérapies classiques, mais comme une auxiliaire permettant d’en compléter et d’en prolonger l’impact.

1) Les troubles du sommeil
Un symptôme couramment évoqué dans la mesure où il accompagne un certain nombre de plaintes :fatigue, difficulté de concentration, humeur dépressive et où réciproquement il influe sur la forme physique et psychique du patient

Deux cas de figures :
- ou il s’agit d’états passagers, liés à des causes particulières ,qui peuvent facilement être résolus par la prescription d’hypnotiques appropriés
- ou il s’agit d’états récurrents, d’autant plus redoutables qu’ils conduisent à une vraie phobie : la peur de ne pas dormir, et donc de manquer de la dose de sommeil nécessaire à l’accomplissement des tâches de la journée

La sophrologie, une méthode contre l’insomnie chronique
- parce qu’elle est à la base un traitement de l’anxiété (anxiété toujours présente derrière tout type d’insomnie)
- mais surtout parce qu’elle propose une véritable rééducation du sommeil en fonction des différentes manifestations de l’insomnie
- difficultés d’endormissement
- réveils nocturnes (l’insomnie de 5 heures du matin)
- insomnies  circonstancielles (travail de nuit, décalage horaire, enfants en bas âge )

A partir de techniques très simples, fondées sur des exercices respiratoires propres à favoriser l’approche du sommeil et qui ont l’avantage de constituer une forme d’apprentissage à partir du quel le patient se trouvera en mesure de gérer lui-même ses troubles du sommeil.

2) L’hypocondrie
- Une vraie maladie, qui se soigne et se guérit, mais une maladie « pas comme les autres » dans la mesure où elle est à la fois :
- Du corps : la sensation hypocondriaque
- Et de la tête :l’obsession hypocondriaque

D’où une indication pour la sophrologie, en tant que technique à médiation corporelle, en ce sens qu’elle se propose de « partir du corps » pour soigner les troubles psychiques auxquels appartient en dernier ressort l’hypocondrie

Avec une double approche :
- une approche spécifiquement corporelle qui va consister à réconcilier le patient avec ses sensations à travers une pratique de relaxation et un parcours du corps ponctué par ses respirations
-une approche plus proprement didactique qui va permettre de reconstituer le circuit de l’hypocondrie :

- de la sensation à l’attention exagérée qui peut lui être portée
- de l’attention à l’émotion dominée par le questionnement anxieux
- du questionnement anxieux à l’obsession hypocondriaque
Et par conséquent de refaire le chemin inverse, étant entendu que l’une comme l’autre de ces approches ne sont envisageables qu’à partir de l’état de conscience modifié, lui-même obtenu par la sophrologie .

3) Le syndrome anxieux généralisé
- Soit le terme moderne-« à l’américaine » pour désigner cette disposition systématique à l’anxiété qui va s’exprimer :

- à la fois par des symptômes physiques: crises d’angoisse avec étouffements et peur panique de mourir. Boules dans la gorge ou à l’estomac, tremblements des membres...
- et par une appréhension pessimiste de l’avenir, avec majoration des soucis quotidiens et exagération des dangers éventuels.

- Un recours systématique aux anxiolytiques moyennant les inconvénients qu’on connaît et en particulier le risque de dépendance et de chronicité, jusqu’à l’usage fétichiste du médicament, favorisé par une certaine familiarité :  « je ne prends rien, si ce n’est … »

D’où l’intérêt de la sophrologie comme relais aux médicaments, à partir le plus souvent d’une désensibilisation progressive, s’agissant:

- de fournir au patient le moyen de gérer son anxiété et de prévenir les crises à travers un certain nombre de techniques respiratoires qui vont lui permettre de « se poser »dans le temps et de calmer le jeu des émotions
- mais aussi de le guider vers cette prise de conscience que c’est cette fragilité émotionnelle qui l’entraîne dans une interprétation négative de son passé et une vision anxiogène de son avenir, et non l’inverse...

4) La préparation aux examens
Dont on pourrait s’étonner qu’elle figure parmi les motifs de consultation si ce n’est qu’elle peut générer un état de stress aigu qui non seulement ne prédispose pas au succès mais s’accompagne souvent de symptômes dérangeants: insomnie, fatigue ,manque de concentration, perte de l’appétit ou crises de boulimie…

- Pour le praticien consulté, difficulté de trouver un équilibre entre
- la nécessité de réduire l’anxiété
- et l’obligation de maintenir un bon niveau d’activité entre calmants et compléments alimentaires...

Au total peu de solutions réellement satisfaisantes .

-La sophro-acceptation progressive

Sous ce nom un peu barbare, une méthode proprement sophrologique, inspirée à la fois du comportementalisme et des techniques de visualisation et qui consiste à s’approprier progressivement le moment de l’épreuve dans le même temps qu’elle se prépare.
L’expérience montre que « ça » marche ,du bac à l’agrégation .

 

PS. Il est par ailleurs intéressant de signaler que la SAP s’adapte à tout type d’épreuve redoutée : Intervention chirurgicale, accouchement, voyage en avion, entretien d’embauche... en fonction des mêmes principes et des mêmes techniques.

2 réponses

  1. Bouit
    Bonjour Qu'entendez-vous par fragilité émotionnelle ? Difficulté à gérer ses émotions, à ne pas être envahi, débordé ? Je vous remercie de l'attention portée à ces questions et de la réponse que vous voudrez bien apporter. Florence Bouit - Sophrologue
    • m.declerck
      Je m'aperçois que je réponds bien tardivement à votre commentaire,je pourrais dire à ma décharge que la réponse était déjà contenue dans la question ,si ce n'est qu'il est une fragilité émotionnelle qui ne s'exprime pas par la difficulté à gérer ses émotions mais par l'habileté à les contenir:c'est ce qu'on trouve notamment chez les obsessionnels dont le contrôle apparent n'est qu'une défense contre un surgissement possible de l'émotion .

Ajouter un commentaire