La spirale de l’hypocondrie

Il m’est apparu important de revenir sur cette « spirale » dans la mesure :
- où elle permet de comprendre que l’hypocondrie, c’est à la fois :
- du corps
- de la tête

et surtout de la relation entre l’un et l’autre,

ce qui justifie que :
- ni une approche proprement médicale
- ni une approche purement psychologique

ne peuvent en venir à bout.


C’est ce que nous allons essayer d’illustrer à travers la figure suivante.

Mais c’est aussi,comme nous le verrons par la suite, ce qui peut signifier « l’espoir d’en sortir ».


Comme on le voit, ou du moins, je l’espère, l’hypocondrie peut s’exprimer à travers cette spirale qui à partir d’un terrain anxieux :

- part d’une sensation quelconque (souvent anodine)
- qui va se trouver amplifiée par  l’attention qu’on y porte
- jusqu’à réveiller des émotions à base d’inquiétude
- lesquelles vont déclencher une recherche d’information  (On ne soulignera jamais assez le rôle anxiogène d’Internet)
- laquelle va déclencher à son tour une frénésie d’investigation (multiplication des examens médicaux)
- qui ne fera qu’accentuer l’angoisse
- et nourrir le terrain anxieux.

 

L’intérêt
est que ce qui a été construit peut être déconstruit.

Autrement dit, cette spirale peut se dérouler « à l’envers » dans la mesure où à certains niveaux particulièrement sensibles, il est possible de l’interrompre, notamment :

1) au stade du terrain anxieux,
dans la mesure où toute approche visant à réduire l’anxiété globale,limitera les risques de déclenchement de la spirale hypocondriaque

2) au stade de la sensation
dans la mesure où une meilleure familiarité avec son propre corps permettra d’accueillir la sensation et de la relativiser

3) au stade de l’émotion
dans la mesure où il existe des techniques permettant de calmer le jeu des émotions et donc arrêter leur expansion

4) au stade de la recherche d’information
dans la mesure où on ne le dira jamais assez,un certain type d’inflation médiatique, véhiculée en particulier par Internet, ne peut avoir qu’un effet anxiogène

5) au stade de l’investigation
dans la mesure où l’affolement va déclencher une hyperfréquentation médicale,assortie d’examens plus sophistiqués les uns que les autres l’attente des résultats ne faisant que renforcer l’angoisse et donc nourrir le terrain anxieux.

C’est ce que nous essayons d’exprimer à travers cette nouvelle figure,dans laquelle nous avons essayé de cerner les points où il était possible d’intervenir,donc d’interrompre la spirale de l’émotion.

Il va donc s’agir d’intervenir à chaque endroit où il est possible d’interrompre la spirale de l’hypocondrie
- qu’il s’agisse d’agir sur le train anxieux lui-même (1)
- de faire en sorte qu’une sensation anodine ne prenne pas une importance disproportionnée (2)
- qu’elle ne déclenche pas une émotion elle-même exagérée (3)
- qui pourrait engendrer une recherche d’informations elle-même anxiogène (4)
- jusqu’à aboutir à une surconsommation médicale (5) qui, loin d’apaiser l’anxiété,va maintenir un état d’angoisse qui va à son tour nourrir le terrain anxieux.

On peut donc augurer qu’à chacun de ces stades,une intervention de type anti-anxiété telle que la sophrologie, avec cet avantage spécifique qu’elle a de faire comprendre le lien entre ce qui est « du corps » et ce qui est « de la  tête »,peut contribuer à dénouer cette spirale « infernale » qu’aucune réassurance médicale ni non plus aucune « thérapie de soutien » ne pourra suffire à résoudre.

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