La tristesse du paresseux

  • Faire caca n'est pas une mince affaire pour les paresseux : ils y ...

    Il y a,dans les forêts d'Amérique du Sud un curieux animal qui passe toutes ses journées suspendu à son arbre ..comme si le temps n'existait pas .

    A vrai dire, tout lui prend un temps fou,en particulier ses heures de repas qui
    constituent les seuls moments notables de sa journée .
    Il n'a même pas besoin d'aller très loin dans la mesure où il se nourrit essentiellement
    de feuilles ou de petits insectes qu'il trouve sur place .
    Il ne boit presque jamais d'eau ..
    Dans ces conditions ,il met parfois un mois pour digérer un seul repas .
    Dès lors ,il n'a même pas besoin de descendre de son arbre pour assurer ses besoins
    élémentaires:une ou deux fois par semaine lui suffisent;
    une chance ,parce qu'il ne se sent plus en sécurité dès lors qu'il a touché le sol,
    pressé...qu'il est de retrouver l'abri de son perchoir
    C'est d'ailleurs ce qu'on lui a enseigné dès qu'il était tout petit:
    «reste chez toi», et surtout n'en bouge pas ..
    Effectivement ,le paresseux a retenu la leçon , qui ne s'accorde que quelques minutes par jour ,et dans un temps limité , pour les exercices physiques indispensables .
    Dés lors ,l'hygiène s'en ressent aussi ,d'autant que le paresseux s'habitue à la présence de ces parasites familiers qui viennent à peupler sa fourrure , voire à la couverture de ces algues vertes qui, tant qu'à faire, viennent le rafraîchir selon la saison .
    Ainsi vit le paresseux , dans une espèce d'autarcie qui fait qu'il n'a besoin de rien ni de personne ,et qu'il va pouvoir vivre longtemps,paisiblement, à l'abri de tout risque majeur .
    Il lui est même venu avec l'âge une sorte de masque autour du museau qui, s'il
    l'empêche de respirer librement , présente au moins l'avantage de le protéger d'une trop grande proximité avec ses congénères.
    Mais , au fait ,où sont-ils donc , ceux-là ,auxquels il ne reste plus guère de place ,au creux de son arbre?
    Ses amis ,ses amours ...ses enfants, ,ne serait-ce que pour se reproduire ..
    Eh bien, curieusement , ils n'apparaissent que pour ce qu'on en a à faire ,
    de sorte que , de toutes façons ,ils «dérangent» , que ce soit dans la copulation
    amoureuse ou dans l'élevage des petits .
    On est si bien , tout seul..
    Alors,de temps en temps,les branches s'agitent ,on entend même quelques hurlements qui signifient qu'une femelle est passée par là et qu'il a fallu la disputer à un mâle du voisinage .
    Et soudain, tout s'apaise ,d'autant que l'activité amoureuse-si l'on peut dire ,va se
    poursuivre pendant plusieurs jours , dans le calme qui leur convient à l'un et à
    l'autre ..jusqu'à l'arrivée d'un nouveau petit paresseux ,accueilli avec une certaine
    indifférence ,mais dont on se débarrassera vite dès qu'il deviendra un peu trop
    encombrant ..
    Alors,heureux, le paresseux ,assuré de vivre longtemps (20 ans en moyenne)et sans même le besoin d'assurer sa subsistance quotidienne ..?
    Pa sûr si l'on s'en tient à sa mine renfrognée et à son humeur maussade ..
    Car le paresseux s'ennuie ,à mourir...
    A quoi peut-il bien penser ,cet animal qui vit confiné pendant de longues heures et de longs jours, sans envie ni besoin , et surtout pratiquement tout seul..
    qui se trouve tellement désemparé dès lors qu'il se retrouve sur la terre ferme ,au
    risque d'y rencontrer un de ses congénères , ou pire encore, un autre animal qu'il ne perçoit pas très bien?
    Ne cherchez pas trop loin: il se déconfine , tout simplement...

    La petite fable qu’on vient de lire-du moins , je l’espère -m’a été inspirée par ce curieux animal des forêts amazoniennes qui passe son temps à se reposer ,ne descendant de son arbre que pour se nourrir et satisfaire aux exigences les plus élémentaires à sa survie . .

    Je n’ai pas pu m’empêcher de faire le rapprochement avec ce qui nous est arrivé à nous tous -ou presque tous (je n’oublie pas les exceptions )pendant cette période de confinement où nous avons été invités à nous maintenir dans cet état de léthargie dont on nous propose désormais de sortir avec des précautions telles qu’elles nous rendent d’emblée la tâche ingrate et plus ou moins improbable ..

    Il ne faut donc pas s’étonner si cette«rentrée» ne suscite qu’un intérêt modéré ,et un accueil plutôt maussade .Le problème, c’est l’envie, ou pour reprendre le titre d’un des derniers succès de Johnny ,«l’envie d’avoir envie» .

    Et pourtant, il va bien falloir «faire comme si..»

    La seule idée qui me soit venue, c’est que c’est peut-être le moment ou jamais de témoigner de cette fameuse solidarité qui s’est manifestée de façon plus ou moins désordonnée pendant cette retraite obligée .

    Alors, peut-être, le paresseux se sentira moins seul, et moins triste .

    Concrètement , j’invite tous ceux qui se sentent concernés par les difficultés de cette « réinsertion »de venir en échanger ensemble à l’occasion de groupes de parole « ad hoc » qui se poursuivraient sur les 3 premières semaines de septembre aux jour et heure susceptibles de vous convenir .

    Aucune condition d’inscription ou d’adhésion ,un taux de participation symbolique, mais peut-être l’occasion pour ceux qui n’en ont pas eu encore l’occasion de s’ initier aux techniques des groupes de paroles et à ce qu’elles peuvent leur apporter .

    Pour en savoir plus prenez contact à l'adresse : micheledeclerck@gmail.com ou 06 03 55 92 94 ou encore sur Doctolib que je vais prévenir de cette initiative ..et des créneaux qui lui seront consacrés .A bientôt..

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