La vie n’est jamais sûre…

Mer, Personne Âgée, Ciel, L'Eau, Activités De Plein Air

« Vous êtes sûre ? » m’interroge cette patiente en me montrant son pouce affublé d’un pansement ?

Je sais pertinemment que derrière le pansement, il n’y a rien , strictement rien,

pas le moindre bobo qui puisse faire l’objet d’un questionnement .

Pourtant, elle est « certaine » d’y avoir vu quelque chose, comme une piqûre d’épingle qui témoignerait d’un mal sournois qui s’apprête à la ronger toute entière .

Elle n’a pas besoin de me le nommer : ça s’appelle un mélanome et ça figure en tête de tous les diagnostics d’Internet ,dès lors qu’il y a une griffe ou un bouton

ou une vague rougeur dans un endroit quelconque de la peau.

Si elle continue sa lecture (et naturellement, ça la démange ), elle va apprendre que c’est« le plus mortel des cancers de la peau »parce qu’à partir de ce minuscule grain de beauté, des métastases vont gagner son corps tout entier ,

ce qui va l’inciter à surveiller l’apparition du moindre ganglion ,annonciateur d’une mort programmée .

On imagine l’état de terreur chronique dans lequel peut s’installer (je n’ose pas employer le mot « vivre ») la personne avertie d’un tel destin dans laquelle on aura reconnu l’hypocondriaque.

Mais ce qu’on imagine moins bien, c’est le nombre d’hypocondriaques qu’on est en train de fabriquer à travers cette succession d’informations et de désinformations, de mesures et de contre-mesures qui jalonne depuis 2 ans notre existence sous le signe du coronavirus.

Représentons-nous un citoyen au-dessus de tout soupçon, porteur de masque et respectueux du couvre-feu, devant qui on a vanté depuis une quinzaine de jours la solution-miracle que constituait la vaccination tant attendue.

Dès lors, il a tout supporté, les files d’attente devant les pharmacies et les centres de dépistage pour s’assurer qu’il faisait bien partie des « éligibles », les mêmes défilés devant les centres de vaccination pour honorer un rendez-vous sans cesse différé, l’épreuve toujours redoutable de la « piqûre » avec la perspective d’effets secondaires « attendus »,

tout ceci dans l’espoir d’être préservé de la contamination, et que par surcroit

il en préserverait les autres ,soit la sortie de ce tunnel où il se tient sagement enfermé depuis bientôt 2 ans …

et voici qu’au lieu de la délivrance méritée , on vient de lui annoncer que le vaccin qui vient de lui être administré est retiré de la circulation .

Oui, c’est bien celui-là , pour lequel, on a observé des morts subites à partir de thromboses vasculaires, chez des patients qui comme lui, présentaient un surpoids avec diabète associé.

Recommencent les nuits sans sommeil et les jours sans fin dans l’attente du moindre symptôme inquiétant : une crampe dans le mollet, une chaleur inusitée, un mal de tête « pas comme à l’ordinaire ».

C’est alors que l’idée lui vient qu’il ne pourra sans doute pas recevoir la seconde dose pour laquelle aucune date n’a encore été fixée, et sans laquelle la première sera considérée comme inexistante.

Affolé, il consulte son médecin traitant, par ailleurs de fort mauvaise humeur ? qui n’en sait pas plus que lui sur le sujet …

« De quoi devenir fou », marmonne-t-il.

Fou, peut-être pas, mais hypocondriaque, très sûrement , avec cette angoisse permanente qui peut effectivement s’apparenter à une espèce de folie .

Est-ce qu’on est conscient, dans les organes décisionnaires et les comités qui les inspirent, qu’on est en train de fabriquer pour aujourd’hui et pour demain des générations d’hypocondriaques qui risquent de ne jamais retrouver un rapport serein avec leur propre corps ?

Sans doute nous efforçons-nous tous, les « psy », chacun avec la méthode qui nous parait appropriée, de limiter les dégâts, ne serait-ce qu’en faisant tomber le niveau global d’anxiété qui accable la population.

Mais il ne faut pas se leurrer : notre pouvoir reste bien faible face à la panique engendrée par Internet et le discours alarmant des médias, et le pouvoir coercitif des statistiques qui dirigent désormais notre vie …

Dès lors , ce que nous pouvons demander à nos patients ,c’est de nous aider à « raison garder ».

Un peu comme dans le système des cagnottes popularisé par les réseaux sociaux, que chacun apporte à soi-même et donc à son entourage la dose de sagesse peut-être même de scepticisme qui peut nous permettre de résister au maëlstrom où on s’efforce de nous entraîner …

Il y a des méthodes pour cela : Elles s’appellent relaxation, méditation, sophrologie, yoga, à la limite, peu importe… l’essentiel étant ce qu’elles comportent de détente corporelle, de réflexion intérieure et d’attention aux autres.

Et, au besoin, faites-vous aider …

 

 

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