Le métier de sophrologue

Peut-on parler d’un « métier » de sophrologue ?

On le peut d'autant plus qu'il est actuellement (à l'initiative d'un Centre de formation, qui sera suivi très probablement de nouvelles inscriptions) inscrit comme métier au Répertoire National des Certifications Professionnelles.

Mais s'agissant de la reconnaissance d'une compétence, l’interrogation mérite qu’on s’y arrête à un double titre :

-En tant que patient/client éventuel, j’ai besoin de savoir à qui j’ai affaire :

À quoi reconnaît-on un « vrai » sophrologue, quelqu’un dont c’est le métier que d’être sophrologue ?

-En tant que sophrologue potentiel, je me pose aussi des questions :

Comment devient-on sophrologue ? Dans quelles conditions exercer cette fonction ?

Avec quelles chances d’en vivre, et quelle légitimité ?

C’est donc sur ces deux versants que nous allons essayer d’apporter des éléments de réponse :

I . Comment reconnaître un « vrai sophrologue »,

Nous ne sommes pas sans savoir que dans notre société et profitant d’un certain vide législatif, il est relativement facile de se parer de titres pompeux, à partir de formations éphémères et de méthodes approximatives. On aurait même tendance à traiter les bénéficiaires du système avec une certaine complaisance, sous prétexte que, « s’ils ne font pas de bien, ils ne font pas de mal non plus. »

Ce qui est faux, car outre le fait qu’ils font perdre aux patients leur temps et leur argent, ils les privent du diagnostic différentiel qui aurait permis de déterminer la solution efficace.

Alors donc, nous revenons à notre question initiale :

À quoi reconnaître un vrai sophrologue ?

Peu de problèmes si le sophrologue bénéficie par ailleurs d’une formation de base en tant que médecin, psychologue, enseignant… à laquelle il a ajouté la compétence sophrologique.

Par contre la question se pose de façon plus aigue pour, celui qui se réclame uniquement de sa qualification de sophrologue (sans que nous y mettions aucune nuance restrictive).

Dans ce cas, à quels critères se référer (hors le « bouche-à-oreille » qui reste tout de même une source assez sure d’informations) ?

1) L’appartenance à l’une des sociétés reconnues (à travers leurs annuaires, leurs congrès, leurs publications) quelle que soit par ailleurs leur tendance, dans la mesure où elles exigent de leurs adhérents un certain niveau de formation, et le respect d'un code de déontologie, ce qui exclut a priori les formations fantaisistes, par correspondance ou sur Internet

2) Le fait que ce sophrologue, même si débutant il ne témoigne pas d’une clientèle personnelle importante, puisse se recommander d’un stage en institution, de la participation à un groupe de formation continue, voire d’une activité bénévole.

3) Le fait que la pratique proposée soit clairement définie

II. Comment devenir sophrologue ?

Ou comment penser qu’on peut en faire son métier ?

C’est bien évidemment, et comme dans toute profession, au niveau de la vocation et de la formation que le problème va se poser.

Vocation

Le Sophrologue quelle que soit son orientation va avoir en face de lui des hommes et des femmes, et de plus en plus en plus souvent des jeunes adolescents, des enfants, en difficulté voire en grande difficulté.

Il faut donc se sentir concerné par la relation d'aide et être conscient de ses limites

En effet, la sophrologie, loin de se limiter à cette méthode de gestion du stress à laquelle on serait parfois tenté de l’assimiler, recouvre des applications très précises tant dans le domaine médical, avec les troubles du sommeil, que de la psychopathologie avec l’hypocondrie et le syndrome d’anxiété généralisée, en même temps qu’elle constitue une véritable auxiliaire de vie dans la préparation des épreuves et examens, du sport et du stress

Une telle extension du territoire de la sophrologie résulte à la fois de l’affinement des techniques et de l’expérience professionnelle des sophrologues.

Formation

C’est ainsi que nous en arrivons à cette question centrale de la formation selon les orientations possibles:

-La Sophrologie sociale,

dite encore sophro-pédagogie ou socio-pédagogique:

qui relève de ce qu’on peut appeler la relation d’aide, si ce n’est qu’elle s’adresse désormais à de vrais professionnels de la relation : formateurs, enseignants, assistants sociaux, consultants en entreprises...

-La Sophrothérapie,

que l'on pourrait considérer comme la branche médicale ou paramédicale de la sophrologie, et qui requiert soit une formation de base dans les domaines du soin (médecin, infirmier, psychologue …) soit une formation spécifique théorique et pratique (stage)

Même si les formations sont compatibles avec le maintien d’une autre activité quand elles sont dispensées sous forme de  cours du soir ou séminaires de fin de semaine,elles supposent:

-Au moins 300 heures réparties sur 3 années d’études (théoriques et pratiques) pour permettre l'intégration des connaissances.

-Une évaluation à la fin de chaque année

-Un stage validé par un mémoire ou un rapport de stage

Par ailleurs, il est souhaitable que l’entrée dans la vie professionnelle s’accompagne d’une supervision ou de la participation à un groupe de formation continue.

-Enfin, en termes d’exercice de la profession

Pour le sophrologue débutant, plusieurs options sont possibles :

-Soit le travail en institution, dans un cabinet de groupe au sein d'une association ce qui présente l’intérêt d’une certaine sécurité

-Soit l’aventure en profession libérale ,sachant qu’on aura d’autant plus de chances de « se faire une place » qu’on aura choisi un créneau spécifique en termes de:

-clientèle :ados, personnes âgées..

- indications: troubles du comportement alimentaire ou traitement des phobies…

-méthodes : coaching, groupes…

Ce qui va supposer naturellement une formation complémentaire.

-Dernière question (que vous n’osez pas poser) : Peut-on en vivre ?

On devient rarement riche en étant sophrologue.

Par contre, il s’agit effectivement d’un de ces métiers où le sentiment d’être utile et la curiosité intellectuelle peuvent permettre de penser qu’on n’est pas passé « à côté de sa vie ».

2 réponses

  1. thank you
  2. servant
    MErci pour cet article ! Il me paraît pas mal de parler de la FEPS qui est une federation des ecoles professionnelles de sophro. Elle coordonne 12 ecoles qui proposent par exemple une formation sur deux années avec un minimum de 400 heures en présence. à voir sur leur site pour avoir plus d'infos, et surtout ne pas hesiter à demander le contenu de la formation. Certaines ecoles proposent même de la supervision pour les professionnel! Bref, belle route à vous!

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