L’échec des thérapies

Il est très difficile de parler d’échec en thérapie en ce sens qu’il n’y a pas ou rarement de « constat d’échec »

Le plus souvent ,le patient disparaît, sans plus donner signe de vie. A vous d’en tirer les conséquences .

Je pense qu’il doit y avoir des thérapeutes qui relancent leur client « pour en avoir le cœur net ».Ce n’est pas dans ma manière et donc je suis restée parfois sur des disparitions inexpliquées ,face à mes seules suppositions .

A partir de là, il y a tout de même des cas où, sans que les choses aient besoin d’être dites, on peut conclure à l’échec ou au non-sens d’une thérapie .

 

  1. I) Il y a d’abord des contre-indications

1° Des contre-indications absolues,

On ne guérit pas un paranoïaque , tout simplement parce qu’on ne peut pas « faire alliance » avec un paranoïaque .Il y aura peut-être le temps d’une lune de miel quelque chose de l’ordre d’un transfert, voire d’un transfert massif, mais qui s’effondrera brutalement le jour où un signe aussi discret soit-il :un froncement de sourcil, aura averti le paranoïaque que vous n’êtes pas l’allié inconditionnel qu’il était venu chercher contre le reste du monde

2° Il y a aussi des contre-indications « relatives » ,au premier rang desquelles se pose le problème des cas-limites .Ma conviction est qu’on ne « guérit » pas un cas-limite .On peut lui servir de moi auxiliaire ,éviter des catastrophes, observer même certains progrès en termes d’attitude et de comportement .

Mais il faut savoir que tout peut être remis en question à l’occasion d’un accident de vie.

3°Il y a aussi des pathologies qui sans être des contre-indications formelles posent des limites à la conduite d’une thérapie .Je pense notamment à certaines anorexiques, apparemment guéries de leur anorexie , mais qui en ont gardé des traits de caractère tels sous forme de rigidité ,d’arrogance d’exigence d’exclusivité , qu’ils finissent par compromettre la relation thérapeutique .

 

Enfin, on ne le dira jamais assez :tout n’est pas du ressort de la psycho-ou sophrothérapie :

Certains symptômes sont du ressort du corps, voire de la génétique :

maladies auto-immunes ,séquelles de traumatismes, déficit cognitif,

-et c’est ainsi qu’ils doivent être abordés, même s’ils peuvent être « améliorés » par une approche complémentaire

 

II)La deuxième grande raison de l’échec des thérapies concerne une mauvaise indication.

Et  c’est ici que nous voyons réapparaître le vieux débat entre symptômes et structures :

Il est aussi vain d’attendre d’une psychanalyse la rémission d’une peur en avion que de penser guérir un jaloux pathologique  à partir d’une thérapie comportementale .

Il ne s’agit pas d’opposer , comme on a essayé de le faire, une approche par rapport à l’autre .

Elles ne soignent pas la même chose …

Un gros problème aujourd’hui concerne le nomadisme thérapeutique ,qui fait qu’on va essayer les méthodes les plus diverses sans tenir compte de ce pour quoi elles sont ou ne sont pas faites .

Un piège particulier concerne les méthodes dites de développement personnel

qui peuvent conduire le patient à penser que parce qu’il a réparé tel aspect  de son comportement :

la capacité de s’exprimer en public ,par exemple ,il aura résolu l’ensemble de ses problèmes ,

conviction dont il va trouver la confirmation dans la survenue d’un événement favorable par exemple .

 

La principale raison de ces erreurs qu’on pourrait dire de « casting »

réside dans l’absence d’un diagnostic »différentiel »

III) Et dès lors un patient »sous influence » livré à ses  « intuitions ,

c’està dire à  des interprétations hâtives ,à ses peurs et à ses envies

1° Il faut dire qu’il a le choix :

  • Les méthodes passives 

Celles qui demanderont un minimum d’efforts et d’implication

hypnose,relaxation…sophrologie

2)Les techniques corporelles

avec cet « avantage » qu’elles restent à mi-chemin entre le « soin »

et la thérapie ,avec de surcroit ,un parfum « exotique »

médecine chinoise,yoga,nutrithérapie

 3)Les techniques comportementales

apparentées à des demandes de coaching

ou de « conseils de vie »

..à la recherche d’un « Moi auxiliaire »

4) Les techniques de groupe

quand il faut « soigner » les autres :

l’entreprise,la famille,le couple

 

5)Enfin, et en dernier recours

parce c’est ce qu’il y a de plus long, de plus cher et de plus difficile :

la psychanalyse et les psychothérapies d’inspiration analytique

 

PS J’allais oublier les médicaments ,

qui restent évidemment nos principaux concurrents …

Mais l’idée à sauvegarder est que nos patients ne « choisissent pas leur thérapie , en tous cas pas en fonction de leurs « besoins » et que c’est à nous thérapeutes qu’incombe cette responsabilité .

  1. IV) Et si-toutes précautions prises, »ça » ne marche tout de même pas

 

Plusieurs hypothèses :

  • La demande a évolué

Ce qui fait que nous ne sommes plus « sur la même longueur d’onde »

Que faire en pareil cas ?

et pendant qu’il en est encore temps :

-Revenir à la demande initiale,

ne serait-ce que pour constater qu’elle n’est plus d’actualité

-Faire le point avec le patient

Jusqu’à lui suggérer de changer de méthode pour peu qu’effectivement la méthode soit en cause :

passer par ex. d’une thérapie à médiation corporelle à une psychothérapie d’inspiration analytique

-Redéfinir des objectifs

Changer ? Pourquoi ?Comment ?Jusqu’où ?

 

  • Le transfert n’a pas fonctionné

Interdisant toute relation efficiente quelle que soit la méthode adoptée

ce dont aurait dû nous avertir notre contre-transfert

Que faire en pareil cas ?

Accepter de s’être «trompés ensemble»

-Positiver le chemin parcouru

-Réorienter le « patient »

En aucun cas, le laisser «au milieu du gué»

 

Infos Dernière Minute

 

Ce sujet, concernant l’échec éventuel des thérapies, et en particulier les conséquences de l’intoxication médiatique et du vagabondage médical fera l’objet de notre réunion-débat du 22 avril prochain .77

rue du Cardinal Lemoine Paris 5ème,de 15 à 18H

Il est ouvert  à  toutes les personnes intéressées : thérapeutes, patients et proches de patients .

Frais de participation :50 euros

Il suffit de s’inscrire d’ores et déjà auprès de Michèle Declerck

06 03 55 92 94

micheledeclerck@gmail.com

ou Evelyne Renardier  06 11 99 63 02

evelyne_renardier@yahoo.fr

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