Les groupes de paroles: pourquoi et comment ça marche

Des phobies très communes

Il peut paraître étrange que , dans notre société de « communication » , de médiatisation à outrance, où les réseaux sociaux se multiplient à l’extrême au point que le terme même de vie privée ait perdu tout son sens ,nous trouvions tant d’individus en panne de relationnel ,et d’autant plus pénalisés que cette capacité de « relationner » leur est imposée comme une condition de survie .

Ce qu’on désigne sous le nom global et peut être outrancier de « phobies sociales » recouvre en effet un certain nombre de comportements où tout un chacun se reconnaîtra aisément :

IL y a ceux qui sont incapables de prendre la parole en public : gênant pour un cadre d’entreprise qui doit présenter un nouveau produit face à ses clients,mais déjà très perturbant pour cet universitaire ,au demeurant brillant ,mais qui va perdre tous ses moyens à l’oral d’un concours .

IL y a ceux qui tremblent de se présenter à un entretien d’embauche,voire de réclamer à leur patron une promotion à laquelle ils estiment avoir droit

Il y a ceux ou celles qui redoutent d’intégrer un groupe, quel qu’il soit, par peur de n’y rien trouver à dire , de s’y montrer insignifiant ,voire ennuyeux .

Il y a ceux qui désespèrent de trouver la « bonne personne » qui viendrait rompre leur solitude ,car, même par le truchement d’Internet,il va bien falloir se rencontrer, et donc , s’exposer

Il y a ceux qui en famllle ou en couple ,n’osent jamais faire valoir leurs opinions tant ils ont peur des représailles de la part de leur mère ou de leur conjoint .

La liste pourrait s’allonger indéfiniment ,même si beaucoup s’y sont reconnus

Généralement , on va parler de « manque de confiance en soi » ,en espérant que telle thérapie individuelle viendra nous donner l’audace qui semble nous manquer .

Le problème reste que la « peur des autres » et plus précisément , du regard des autres, car c’est bien ce dont il est question , ne se soigne qu’avec les autres


Les groupes de paroles

Des années de pratique m’ont convaincue que la participation à des « groupes de paroles » -peuvent permettre à ces phobiques de la communication de parvenir à des résultats qu’ils n’auraient pu obtenir de thérapies individuelles ,

même s’il peut être parfois intéressant d’associer les deux approches .

Mais il faut bien considérer que ce qu’on appelle la « confiance en soi » reste totalement tributaire du regard des autres .On pourra lire à cet égard l’article que j’ai publié sur ce même site sous le titre « Estime de soi et image de soi ».

Mais revenons aux groupes de paroles.

 

Pourquoi ça marche ?

Le principe

tient dans ce constat que la communication ne se résume pas dans un système de questions-réponses,

mais qu’elle met en jeu tout un échange d’images où l’on n’a jamais en face de soi l’interlocuteur qu’on croit avoir ,

mais un « autre » qui a son propre filtre d’interprétation ,en fonction de son histoire , de ses présupposés ,et qui va vous interpréter à travers ce filtre ,

de même que vous allez vous présenter à lui à travers un certain nombre de signes : une voix haut perchée, une gestuelle particulière , qui vont lui donner d’emblée une certaine image de vous .

 

D’où l’instauration d’une spirale réaction-contreréaction ,où il va devenir improbable de démêler « le tien du mien » à moins de la rejouer face à des observateurs objectifs .

Comment ça marche ?

La méthode

est inspirée du psychodrame de Moreno, tel qu’il a été popularisé en France par Anne Ancelin-Schützenberger .

Une séance se déroule classiquement en 3 étapes :

-un temps d’échanges informels

qui va permettre aux participants de constater que la problématique dans laquelle ils se débattent n’a rien d’extraordinaire , puisqu’ils vont la retrouver, sous des modalités différentes, chez d’autres membres du groupe

-le jeu de rôles proprement dit ,

qui va donner la possibilité à l’un des protagonistes d’anticiper une scène redoutée ou de revivre une scène déjà vécue face à des partenaires qu’il aura choisis dans le groupe, avec la possibilité de renouer avec ses émotions ,mais aussi de comprendre les réactions que son attitude, son discours, voire la tonalité de sa voix auront pu susciter chez ces partenaires.

-un 3ème temps d’analyse,

qui s’inspirera à la fois des observations des participants et des observateurs pour dégager avec le concours des deux psychologues en charge du groupe une synthèse utile à tous et des recommandations particulièrement destinées à l’acteur principal.

 

A quelles conditions ?

Dès lors, la question qui se pose, que vous vous poserez sûrement, est la suivante :

Comment se fait-il que cette méthode que vous nous présentez comme efficace ,simple d’accès ( il suffit généralement d’un « pack » de 6 séances),voire ludique …ne soit pas plus répandue ?

La réponse est simple :

C’est que, comme tout travail de groupe, elle n’est pas facile à mettre en œuvre

1)D’une part, il s’agit de réunir ensemble et au même moment ,un ensemble de personnes (entre 8 et 12 participants) présentant le même type de préoccupations

..Ce premier point pourrait ne pas sembler très contraignant dans la mesure où il n’est pas nécessaire que ces personnes aient les mêmes problématiques, ni qu’elles appartiennent au même groupe d’âge ou de niveau socio-culturel (en évitant cependant les trop grands écarts).

Et pourtant , l’expérience prouve que ces problèmes de calendrier sont souvent plus compliqués qu’ils n’en ont l’air .

2)D’autre part , nous avons besoin de nous assurer que les participants sont résolus à aller ensemble jusqu’au bout de l’expérience ,

pour 2 raisons

-parce que les progrès de chacun ne pourront s’inscrire que dans le temps ,et en fonction d’une certaine continuité

-parce qu’il faut tenir compte de ce que nous appelons « la dynamique de groupe » ,à savoir, à l’intérieur même du groupe ,une forme de solidarité qui va soutenir les efforts des uns et des autres .

Autrement dit , nous devons faire en sorte que ces problèmes d’organisation soient résolus avant d’ouvrir une session, laquelle session se composera de 6 séances ,comme indiqué plus haut,à raison d’une séance tous les 15 jours .

Chaque fin de session donnera lieu à la fois à une synthèse sur l’activité du groupe et des recommandations adaptées à chaque participant .

 

Si donc vous êtes intéressés par le « groupe de paroles »

se reporter à notre site : « groupe-de-parole.com »

rubrique « informations pratiques »  

pour avoir des précisions sur la prochaine session …

Pas de commentaire.

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