Les spirales de l’hypocondrie

 

Les spirales de l’hypocondrie

Une vraie maladie , mais qui se soigne …

Une maladie «à la mode» facilement reconnaissable à travers ses symptômes:

-l'hyperfréquentation médicale:

visites bi ou trihebdomadaires chez le généraliste

-entrecoupées de consultations ultraspécialisées et d'examens hypersophistiqués

-sans compter les appels de nuit auprès du SAMU et des pompiers -au point que certains services détiennent la liste des numéros auxquels il ne faut surtout pas répondre

-l'intoxication médiatique (Internet and C°)

-la mobilisation des proches

partagés entre la compassion sans objet

et la réassurance sans fin

au total,autant de vies gâchées autour d'une seule et même maladie : 

la maladie hypocondriaque

tout ceci ayant été abondamment décrit dans notre ouvrage :

« L'hypocondrie ou la société hypocondriaque »

paru l'an dernier aux éditions « in Press »,encore qu'il y manquait un chapitre fondamental :

Peut-on guérir de l'hypocondrie, et par quels moyens ?

C'est ce manque que nous allons ici essayer de combler.

 

« Ce qui ne « marche pas »

A priori, une gageure ,puisqu'il s'agit d'une maladie bien « réelle » à partir d'un malade « imaginaire »

Schématiquement, 2 grandes options :

1° Les psychothérapies

-sur le versant analytique

l'hypocondriaque comme enfant surprotégé d'une mère anxieuse ou à l'inverse menacé d'abandon face à un danger plus ou moins fantasmé.

-sur le versant comportementaliste

le problème étant ici de comprendre ce que signifie le symptôme et quels bénéfices secondaires on peut en attendre, sachant qu'il ne suffit pas de « comprendre » pour « changer »

2° Les thérapies corporelles ,

essentiellement issues de la relaxation ou des gymnastiques douces, voire de la bioénergie ,ou de l'hypnose, le problème restant dans l'insatisfaction des patients qui ont le sentiment qu'on les aide à supporter leur inquiétude plutôt qu'on ne la soulage...

D'où une 3ème voie de recherche :

La spirale de l'hypocondrie

C'est cette spirale qui va nous permettre de comprendre comment nous sommes passés :

-de la prise de conscience d'une sensation (la plupart du temps anodine)

-mais qui va prendre une importance particulière du fait de l'attention qui lui a été accordée

-d'où l'émotion,elle aussi exagérée, qu'elle aura déclenchée

-et qui va déclencher une recherche frénétique d'information à laquelle Internet aura la plus belle part

-ouvrant une période d'investigations marquée par l'hyperfréquentation médicale et la multiplication des examens

-jusqu'à une nouvelle phase d'attente anxieuse sans résultats probants,

-ce qui va déclencher l'ouverture d'une nouvelle spirale hypocondriaque, le sujet étant toujours en demande d'un savoir qui lui échappe .

L'intérêt de cette spirale réside dès lors dans le fait qu'à chaque étape,il va devenir possible d'intervenir (cf.les petits ciseaux) afin d'interrompre l'enchaînement infernal :

Autrement dit, il va s'agir d'une véritable pédagogie assortie d'une phase d'apprentissage qui prend tout son sens dans la mesure où il s'agit d'apprendre au patient à vivre avec son propre corps :

-comment « ça se passe » quand ça ne marche pas

-et ce qu'il faut faire pour éviter les dysfonctionnements.

Une remarque importante :

Le même cas de figure peut se présenter dans une configuration différente, du fait que ce n'est pas toujours une sensation, mais potentiellement une information à l'origine d'une idée obsédante qui va déclencher la spirale.

Le circuit reste identique dans la forme même si certaines étapes relèvent plus de la pensée opératoire caractéristique de l'obsessionnalité que de la toute-puissance de la sensation qui nous orienterait vers une personnalité plus hystérique.

Mais pour ce qui concerne l'hypocondrie ,le fonctionnement reste le même et donc appelle le même type de résolution.

La seule différence est qu'ici, la conviction hypocondriaque va encore précéder la sensation qui va intervenir comme une « confirmation ».

Mais la « cause » de l'hypocondrie reste identique :

il s'agit bien d'une pathologie de la relation corps-esprit ce qui fait explique que seule une technique psycho-corporelle soit appropriée à condition qu'elle débouche sur un véritable réapprentissage du rapport au corps (ce qui exclut les simples techniques de relaxation).

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