Personnalité obsessionnelle : Névrose obsessionnelle,tocs et obsessions

                                              

Ne mélangeons pas tout...

-Un des principaux problèmes de la psychothérapie à l’heure actuelle :

la tendance à la confusion ,du fait même de la vulgarisation ,les mêmes mots ne signifiant pas les mêmes choses ,

le domaine de l’obsession en étant peut-être la meilleure illustration

 Pour introduire le sujet:

« L’homme aux rats »

C’est un des cas cités dans les « 5 psychanalyses »

Mais c’est aussi celui qui illustre le mieux la différence entre névrose obsessionnelle

-tocs

-et idées obsédantes

Même si ,chez le sujet en question,

les différentes symptomatologies coexistent :

1)La névrose obsessionnelle

Elle s’origine dans un conflit entre :

-une sexualité précoce ,marquée par la curiosité (stade anal)

-et un interdit ,venant d’un  surmoi  terroriste

à l’époque essentiellement paternel

-nous aurons l’occasion d’y revenir –

Interdisant la réalisation de la pulsion :

Chez l’homme aux rats :

Impossibilité d’épouser la femme qu’il aime

Sauf à provoquer la mort de son père .

 2) Les idées obsédantes

Elles résultent d’un traumatisme actuel

mais qui ne doit son efficience que par rapport à l’histoire infantile

et à la fixation au stade anal

Chez l’homme aux rats :

Le récit d’une certaine torture

Et l’obnubilation  qui en est résultée

 3) Les tocs

qui reflètent un caractère obsessionnel,

mais sans aucun lien direct

avec l’histoire infantile

Chez l’homme aux rats :

La résurgence des problèmes d’argent

Et d’une dette qu’on ne peut pas acquitter .

En fait,ce sont ces différentes symptomatologies réunies chez le patient de Freud , auxquelles nous aurons affaire ,mais susceptibles d’un diagnostic différentiel, donc d’une approche spécifique ,même si elles se réfèrent à un tronc commun qui serait :

la personnalité obsessionnelle

I)Comment reconnaitre une personnalité obsessionnelle

 A)Les signes cliniques

 1° l’isolation (à ne pas confondre avec l’isolement)

Soit une stérilisation apparente de l’affectivité :

La pensée se substitue aux actes et aux émotions ,au point de faire disparaitre toute spontanéité dans le contact avec les autres :la parole est « alambiquée » et la logique imperturbable

2° Le contrôle obsédant

Avec un objectif central, qui est le maintien de l’ordre sous toutes ses formes:

Que rien ne change

Ce qui est redouté par-dessus tout, c’est l’irruption de l’imprévu ,avec un possible surgissement de l’affect

3° Et donc le refus du changement

Compte tenu du doute qui l’accompagne :Comment être sûr de faire le « bon choix » ?

D'autant  que notre « raison »ne peut nous y aider :

Oui, mais …Non,mais…

B) L’anamnèse

On retrouve toujours les mêmes traits dans l’histoire infantile :

1° une curiosité sexuelle précoce

correspondant  au niveau de l’Oedipe

 2°mais  immédiatement marquée du sceau de l’interdit

du fait d’un  surmoi paternel redouté

qui la place d’emblée sous l’angle de la culpabilité et de la punition.

3°D’où la régression au stade antérieur, soit le stade anal

qui marquera le caractère obsessionnel avec son ambivalence :

alternance de pingrerie et de folle générosité

culte de l’ordre et tentation de la saleté …

Une remarque importante

Ce que nous venons de dire de l’histoire infantile  de l’obsessionnel correspond à l’interprétation « classique »avec la prédominance du Surmoi paternel.

Il semble bien qu’aujourd’hui ce Surmoi ait été transféré vers un Surmoi maternel représenté par une mère omnipotente:« une « maitresse femme » d’autant plus redoutable qu’elle continue d’être l’objet d’une demande fusionnelle.

II)Comment diagnostiquer une « névrose obsessionnelle ? » 

La réponse peut s’appliquer à toute névrose :

  • Répétition des conduites et permanence dans le temps

à travers des cas de figure apparemment différents :

ni les mêmes personnes, ni au même âge ,ni dans les mêmes circonstances .

                .Impact existentiel en tant qu’empêchement à vivre

notamment sous la forme de la névrose d’échec

                Relation à l'histoire infantile ,et notamment au niveau oedipien

D'où l'indication pour une cure analytique

Illustration par une étude de cas :

« Le garçon qui avait inventé l’appareil à bouturer les orchidées"

III) Les obsessions ou idées obsédantes

dites encore phobies-obsessions

1) Une caractéristique :la pensée opératoire

Contrairement à ce qu’on appelle couramment « phobie » ,

Tout se passe dans la représentation :

Je suis comptable (coupable)

non seulement de ce que je fais, mais de ce que je pense

car tout peut arriver à partir du moment où je l’ai « pensé »

D’où la croyance en la toute-puissance de la pensée

et la question récurrente de l’obsessionnel :

Qu’est-ce qui vous prouve que ça ne m’arrivera pas ?

Illustration :

Et si j’étais pédophile ? »

avec l’aspect particulièrement douloureux des « phobies d’impulsion »

 2) Deuxième caractéristique :la « rumination »

Le cerveau se révélant incapable de « passer à autre chose »,

d’autant que tout facteur exogène va être interprété comme justifiant l’obsession

Ceci étant repérable  à travers les différents déguisements de l’obsession ,

qu’il s’agisse de l’hypocondrie :

« je vais au concert ce soir »

ou de la jalousie pathologique :

Cf. le rôle délétère des SMS : « T’es où là ? »

3)Dés lors ,une double approche thérapeutique :

-la restructuration cognitive  des schémas de pensée

-associée aux méthodes comportementalistes

Encore faudra-t-il prendre garde au substrat inconscient :

La petite fille de la shoah

IV)Le rite obsessionnel

1)En principe, il est la réponse à l’obsession ou à la compulsion

Cf. les rites de propreté ou de vérification

   2) Il reste que le sens peut être difficile à élucider

du fait de la rupture entre affect et représentation

d’autant que l’obsession elle-même peut rester inconsciente

C’est tout le problème des tocs

qui fera notamment l’objet de notre prochain groupe de rencontres ,le 25 mars :

se reporter aux infos »Dernière Heure ».

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