Quand le choix d’une vie se confond avec le choix d’un métier

 

Donc, en tête des préoccupations exprimées -même si l’on peut s’en étonner-« le choix d’un métier » .

 

Ce que nos premiers patients sont venus nous dire, une fois la tempête calmée, et après une aussi longue absence c’est qu’ils avaient besoin de revoir leurs choix de vie, et, parmi les premiers, le choix de leur « métier ».

Certes, on savait le thème porteur, une soixantaine d’études américaines -les Américains passent rarement à côté d’une étude -était venue nous rappeler, juste avant l’entrée en scène du Covid, qu’il y avait là un sujet d’importance qui méritait qu’on s’y intéresse.

 

D’où, sous le titre :

« Comment trouver le métier de vos rêves ?» ,un certain nombre d’items ,dont on pouvait observer que « le rêve » était totalement absent ,s’agissant de répondre aux questions suivantes :

« -Est-ce que c’est très bien payé,

-Est-ce que ce sera très bien payé dans l’avenir ?

-Est-ce stressant ?

-L’environnement au travail est-il désagréable ? »

Toutes préoccupations qui n’étaient pas précisément celles que venaient de nous exprimer par les patients venus nous voir sans trop savoir pourquoi et qui finissaient par nous dire :

«En fait ,je ne suis pas heureux dans mon métier ..Je l’ai choisi ,ou plutôt je ne l’ai pas choisi ,mais j’avais fait les études qu’il fallait , c’était bien payé, il y avait la sécurité de l’emploi »

toutes choses qui avaient fait que l’un était enseignant-chercheur sur un programme mathématique dont il ne voyait pas l’intérêt, l’autre, informaticien

en quête de projets à vendre ,la troisième, documentaliste dans une bibliothèque universitaire dont elle ignorait à la fois quels ouvrages elle pouvait contenir et quels types de lecteurs ils pouvaient intéresser .

Leur point commun était que tout cela leur semblait désespérément vide de sorte que le télé-travail proposé par les mesures anti-covid n’avait fait qu’apporter un supplément d’ennui à leur quotidien .

Et de se reprocher d’avoir suivi la ligne que leur dictaient leurs études, les conseils de leurs parents ou la sacro-sainte « sécurité d’emploi ».

Ce n’était donc pas par hasard qu’ils faisaient part aujourd’hui de leurs inquiétudes à la « psy » qu’ils étaient venus consulter avant de reprendre la route et alors que ce ne paraissait pas être de son ressort plutôt qu’à une quelconque évaluation de compétences.

C’est qu’ils étaient conscients qu’il y allait de leur propre vie, comme dans cet air célèbre de Starmania repris par Bernard Tapie :

« C’est pas ce que j’aurais voulu faire »

Ce n’était donc pas par hasard qu’ils se retrouvaient là tous les trois,

Jérôme conscient d’être passé à côté de son amour pour la nature, les forêts et les fonds océaniques ,

Salomé de son envie d’être utile et de son besoin de communiquer,

Dimitri , de sa passion pour les jeux video et les récits fantastiques .

Je ne sais plus qui a dit un jour que « réussir sa vie , c’était » réaliser à l’âge adulte ses rêves d’enfant »

Mais ne pas au moins essayer de les réaliser, reste sans doute la plus amère frustration qu’on puisse éprouver :

Parce que derrière la conception très « matérielle » du métier, il reste l’envie de vivre qui aurait valu que « cela vaille la peine » 

Parce que derrière le choix du métier, il y a une vocation, ne serait-ce qu’un rêve de gosse ou une rencontre

Parce que derrière le choix du métier, il y a le dessin d’un projet qui pourrait être une œuvre en soi :

Derrière l’exploration des mers , la vocation du commandant Cousteau ;

derrière les plaidoiries de l’avocat Badinter, l’abolition de la peine de mort .

Et que cela valait au moins la peine d’essayer …

 

Si le sujet vous intéresse, nous pouvons en parler ensemble.

Michèle Declerck ,psychanalyste et sophrologue

77 rue du Cardinal Lemoine, Paris 5ème

micheledeclerck@gmail.com ou 06 03 55 92 94

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