Quel rôle pour le psy face à la confusion actuelle ?

Quel rôle pour le psy face à la confusion actuelle ?

Ne mélangeons pas les genres..

On a beaucoup dit, écrit , depuis près d’une année déjà ,sur cet épisode du coronavirus dont on ne peut nier qu’il ait eu une influence sur la santé mentale de nos concitoyens ,le problème étant qu’on a eu tendance à tout confondre ,ne serait-ce qu’à travers les différentes périodes et les conséquences qu’elles ont pu générer.

Aujourd’hui, en tant que thérapeute , c’est-à-dire dans la considération essentielle du bien-être de mes patients, de ce que j’avais pu observer de symptômes liés à l’épidémie et des remèdes que je pouvais leur proposer, j’ai eu envie de les aider à y voir un peu plus clair ,de manière à leur proposer la solution qui pourrait leur paraître la mieux adaptée .

Je pense que chacun sera en mesure de s’y reconnaître :

1ère question: (posée fréquemment par les journalistes)

Y a-t-il un lien entre la prédisposition hypocondriaque et la médiatisation de l’épidémie ?

A priori, non : nous ne voyons pas plus d’hypocondriaques (j’entends de « vrais » hypocondriaques ,c’est-à-dire ceux dont l’anxiété se traduit essentiellement par l’attention portée à leurs problèmes de santé ) aujourd’hui qu’auparavant :

Si problèmes, il y a, ce sont toujours les mêmes, ceux qui les ont « mobilisés  » le temps d’avant :

1°cancers, du moins les plus sournois et les plus dangereux :cancer du pancreas ,réputé foudroyant

cancer de la cavité buccale ,et notamment de la gorge et de la langue ,en liaison avec une certaine culpabilité liée à une mauvaise hygiène de vie

cancer des voies digestives, pour les mêmes raisons..

2° tumeurs diverses ,en priorité au niveau du cerveau, mais pouvant atteindre les os et les articulations

3° maladies neurologiques ,telles que :

maladie de Charcot ,sclérose en plaques ,maladie de Parkinson ,dans la mesure où elles ont « bénéficié » d’un surcroit de médiatisation ..

Mais on ne peut pas dire qu’on observe un surcroit d’attention ou d’inquiétude en rapport avec le coronavirus -ceci d’ailleurs en rapport avec cette observation que les consultations en rapport avec d’autres symptômes que ceux du coronavirus ont , de l’avis même des spécialistes ,beaucoup baissé pendant cette période -ceci, d’ailleurs en corrélation avec le fait que les hypocondriaques s’intéressent d’autant plus à la maladie dont ils craignent d’être atteints qu’elle est « rare » et en quelque sorte « personnelle »

Donc , pour cette 1ère catégorie de patients , se reporter à « la spirale de l’ hypocondrie » et à ce que nous en disons par ailleurs ..

De l’intérêt des thérapies psycho-corporelles capables d’agir à la fois sur l’anxiété et la mauvaise relation au corps.

2ème question:

Comment se comporter lorsqu’on se trouve en présence de symptômes manifestement liés à l’épidémie et à sa médiatisation ?

-Ils sont assez faciles à identifier parce que :

le fait de « petits anxieux » ou de personnes dites fragiles ou vulnérables , et se reconnaissant comme telles

-correspondant à certaines périodes de l’épidémie

où l’accent a été précisément mis sur ces symptômes

soit tout au début :toux, fièvre, difficultés respiratoires ..

d’où la très forte proportion des malades placés en réanimation

soit dans une seconde période où la progression du dépistage

et la médiatisation des statistiques de « positivité »

ont mis l’accent sur les facteurs de contamination(cas contacts)

-Ici, la réponse à apporter sera de l’ordre de la réassurance

à condition que celle-ci ne soit pas simplement verbale

mais qu’elle s’inscrive dans un processus thérapeutique

destiné à faire tomber le niveau global d’anxiété

et où le corps soit « convoqué »

Cf les techniques psychocorporelles à vocation pédagogique

telle que la sophrologie par exemple :

enregistrement audio disponible

(encore qu’une ou plusieurs expériences vécues soit nécessaire pour assimiler la méthode)

3ème question:

Les troubles du comportement en relation directe avec le confinement et ses avatars ..

ils se présentent comme un des principaux sujets de consultation

(sans pour autant que les intéressés en soient conscients ) :

-difficultés conjugales ou familiales

-ennui et désintérêt vis-à-vis du télétravail

-décrochage scolaire et recherche de « planque »

Jusqu’à déclencher des manifestations jusque là contenues

-alcoolisme

-actes de violence

-sentiments de persécution

-perte du sommeil

-décompensation psychique chez certains cas « limites » :

hallucinations ,dépression atypique, explosions paranoïaques ..

Ici,2 hypothèses

-ou nous avons eu affaire au patient en période « normale »

Et il va s’agir de reprendre le travail entrepris

(d’inspiration psychanalytique ou comportementaliste )

afin d’éviter le passage à l’acte ..ou la chute dans l’inertie

-ou il s’agit d’une 1ère consultation ,

-et la question est essentiellement celle du diagnostic

quant à la part jouée par le COVIS 19 dans l’apparition des troubles : Nous aurons rarement l’occasion d’aller plus loin ..

4ème question:

-La remise en cause d’un « chemin de vie »

Soit une décision sous-jacente longuement différée

prenant tout à coup une dimension d’urgence :

-affichage d’une « seconde vie »,divorce ou séparation

-abandon de poste ou changement de travail

-fuite à la campagne

Ici, le risque est de prendre pour une volonté affirmée

-car les patients sont facilement « éloquents » -

ce qui peut être le résultat d’un « coup de tête » lié à l’angoisse du moment .

Nous sommes ramenés à l’hypothèse précédente pour le patient « déjà suivi ».

Par contre ,il nous faudra mesurer le risque de la dépression pour les personnes en charge de responsabilités (familiales ou professionnelles)

Autrement dit, la sagesse va consister à les faire patienter... jusqu’à la fin du chaos.

Car il s’agit là d’une investigation de type analytique qui ne peut être entreprise dans la précipitation .

En conclusion, la coexistence de ces cas, dans leur singularité, fait apparaître la nécessité d’un diagnostic différentiel qui donnera lieu à son tour à une prescription spécifique -ou à des mesures d’attente.

D’où l’intérêt de s’adresser à un thérapeute pluridisciplinaire capable d’envisager-sans esprit de chapelle - l’ensemble du problème présenté.
C’est pour ma part ce que j’essaie de proposer à partir de ma double formation de psychanalyste et de sophrologue ,

mais aussi de ce que je crois avoir compris de la crise actuelle.. et de ses répercussions sur le psychisme de chacun qui peuvent être aussi redoutables que le virus lui-même..

RDV Sur Doctolib ou Michèle Declerck 06 03 55 92 94

Possibilité de consultation téléphonique avec remise d’un enregistrement audio le cas échéant.

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